Le remix de Sextonik résonne, l'½il qui annonce le début du concert va apparaître. Le public commence alors à sortir de son hibernation. Arrive les premières « olas » (on en a bien fait une vingtaine) faisant le tour du stade dans le sens des aiguilles d'une montre. Pour mourir dignement dans la pelouse et ses bras levés. Pelouse qui est plus que densément peuplé.
Mylène se fait attendre, mais j'ai vu des techniciens monter sur les échafaudages qui portaient du matériel auditif et lumineux. Peut-être un problème technique. Commence alors Paradis inanimé. Un constat: le son est excellent et l'ambiance se réchauffe à grand pas.
Les morceaux s'enchaînent : « Je m'ennuie » puis « L'Âme-Stram-Gram » qui sont hyper convainquant. L'ambiance monte d'un cran et Mylène semble pleinement détendue pour ce dernier concert de sa majestueuse tournée. Plusieurs fois, elle se rapproche du publique.
Mutine sur « Appelle mon numéro », qui a son petit effet nonchalant sur la foule, elle se transforme en guerrière sur un XXL abondamment suivi par le public et un « California » très apprécié. « Pourvu qu'elles soient douces » fini d'enchanter le deuxième tableau.
« Point de suture » est exceptionnel. Un pur moment d'émotion face aux corps dénudés combatifs et entrelacés du mur d'images. Un frisson parcourt l'assistance.
C'est secouée d'un sanglot, avant même d'entamer la première note de « Nous souviendrons nous », que Mylène gagne la scène centrale. Elle se reprend, la voix est parfaite, cristalline.
« Rêver » reçoit un accueil triomphal et est repris religieusement par tout le stade. Fort et doux, juste et harmonieux.
« Ainsi soit je » surgit, Mylène est exceptionnellement émue. Elle demande une pause à Yvan Cassar (le pianiste). Mais Mylène reprend le refrain. Elle stoppe alors un moment pendant que le piano continue, et reprend le refrain en montant subliment très haut dans les aigus sur « quand tout est noir », de la même manière que la chanson originale. Le vent emporte ensuite la magie de l'instant. Ce passage émotion est tout simplement sublime. Et le public n'a pas arrêté de chanter.
Avant de rejoindre la scène principale, Mylène parvient à être prolixe en demandant au public de remercier les 300 personnes qui ont travaillé sur la tournée. On ne peut que s'exécuter. Mylène est véritablement bouleversée par les applaudissements et les cris de la foule. Je suis soufflé par l'émotion comme jamais je n'avais vu avant.
« Libertine » donne un coup de fouet opportun à tous avant une ambiance du tonnerre pour le « Sans contrefaçon » rock. Tout le monde est debout. Mylène se trompe en commençant le deuxième couplet une mesure trop tôt. Rire. Un naturel bien jouissif.
Papa Noël profite de « L'Instant X » qui est hyper électrique et faire encore chanter le public. Il est suivi par un « Fuck them all » super efficace.
Vient ensuite le laser embrumé de « Dégénération », super impressionnant. De tonnerre, l'ambiance passe a survoltée. Le public, debout, ne se rassoira plus : « C'est dans l'air » et le bis enragé de la foule, puis « Désenchantée » nous achève de bonheur. Les danseurs semblent ahuris de joie. Je ne sais plus combien de foi on a repris « Désenchantée ». Mais au moins 3-4 fois. Et final explosif, tout vibrait, le jeu de lumière était exceptionnel. C'est tout bonnement magnifique.
De retour sur la passerelle, Mylène nous lance un « moi aussi je vous aime» en réponse aux cris qui fusent puis un « vous allez me manquer » Du haut des escaliers est lancé un baiser en guise d'adieu. Que demander de plus ?
Aucun souci technique n'est venu troubler la messe. Mylène était particulièrement proche de nous ce soir, la communion à son paroxysme et l'ambiance y était sans conteste très puissante. Une symbiose a été crée ce soir entre le public bruxellois et son artiste.
Ne dit-on pas que le public belge est le plus apprécier de tout les publics...